Les énergies renouvelables en chiffres

Les débats sur les renouvelables reposent souvent sur des chiffres mal posés. Quelques distinctions suffisent à lire correctement la plupart des argumentaires, dans un sens comme dans l'autre.

Puissance installée et production

La puissance installée, en mégawatts, indique ce qu'une installation peut produire à son maximum. La production, en mégawattheures, indique ce qu'elle produit réellement sur une période.

Le rapport entre les deux s'appelle le facteur de charge. Il se situe autour de 25 % pour l'éolien terrestre en France, davantage en mer, autour de 14 % pour le photovoltaïque, plus haut pour l'hydraulique de lac et pour la biomasse, qui sont pilotables.

Comparer une puissance éolienne installée à une puissance nucléaire installée n'a donc aucun sens. C'est l'erreur la plus répandue des deux côtés du débat, et elle suffit à invalider un raisonnement entier.

ensoleillement

Énergie finale et électricité

Seconde distinction, tout aussi importante. L'électricité ne représente qu'une part de l'énergie consommée : la chaleur, chauffage, eau chaude, procédés industriels, pèse environ la moitié de la consommation finale française, et les transports une part considérable.

Un pays peut donc avoir une électricité largement renouvelable et une consommation d'énergie encore très fossile. En France, la biomasse, surtout le bois, apporte l'essentiel de la contribution renouvelable, et cette contribution est thermique, non électrique. Le débat public, lui, se concentre presque entièrement sur l'électricité.

Matériaux des énergies renouvelables

C'est une objection sérieuse et souvent mal formulée. Les technologies renouvelables sont plus intensives en matériaux par unité d'énergie que les centrales thermiques : béton, acier, cuivre, aluminium, silicium, et pour certaines applications des terres rares.

Deux précisions s'imposent. Les terres rares ne sont pas indispensables à l'éolien : elles concernent les génératrices à aimants permanents, une technologie parmi d'autres, et pas du tout le photovoltaïque en silicium. Et les volumes en jeu, rapportés aux quantités mobilisées chaque année par l'extraction de charbon, de pétrole et de gaz, restent d'un ordre de grandeur inférieur.

Cela ne dispense pas de traiter la question minière, qui pose des problèmes environnementaux et sociaux réels et documentés.

objectifs

Recyclage des déchets

Les panneaux photovoltaïques sont majoritairement composés de verre, d'aluminium et de silicium, et une filière de collecte et de traitement existe en France, financée par une éco-contribution payée à l'achat. Les taux de valorisation matière atteints sont élevés.

Pour les éoliennes, mâts et nacelles se recyclent presque intégralement ; les pales, en matériaux composites, constituent le point difficile, avec des filières en cours de structuration, cimenterie, pyrolyse, réemploi structurel.

Le démantèlement et la remise en état des sites sont obligatoires et provisionnés dès la mise en service : c'est une différence notable avec plusieurs industries plus anciennes.

Temps de retour énergétique

C'est le chiffre qui répond à l'objection selon laquelle « il faut plus d'énergie pour les fabriquer qu'elles n'en produisent ». Les analyses de cycle de vie situent ce temps de retour à quelques années pour un panneau photovoltaïque en Europe, et à moins d'un an pour une éolienne, pour des durées de vie de 25 à 30 ans.

L'affirmation inverse a circulé à partir de données des années 1990, et elle n'a plus de fondement depuis longtemps.

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